De la solitude du penseur

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De la solitude du penseur
 

Sur les sommets là où campe l’homme érudit,
Il y a longtemps que l’herbe verte a jauni :
Jamais un arbre n’y a donné un seul fruit,
Aucun des oiseaux n’y a jamais fait son nid ;

Même le parfum des roses s’est évanoui,
Refusant de franchir les bornes du mépris,
De ceux qui en proie au vertige s’anoxie
Dans l’épineuse vérité de l’hérésie ;

Les journées mornes et dépourvue de poésie,
Il scrute  l’horizon cherchant une égérie ;
Désespéré de n’y trouver aucune amie,
Il se met à réinventer des paradis.

Il finit par redonner un sens à sa vie,
En se servant des mots comme un alibi ;
Dans son jardin tarit des larmes de l’ennui
S’étiole la luxuriance de son esprit.

mesconfidences @ 3:59
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Du simple d’esprit

Posté le Mercredi 28 mai 2008

Du simple d’esprit

La réflexion voue, condamne l’homme au malheur :
Seul le simple d’esprit est promis au bonheur,
A la plénitude de la satisfaction,
A la consolation de la prosternation,
A l’ignorance, face au démon des pensées ;
Quand s’agenouiller est sa plus grande fierté,
La petitesse l’élève au rang de géant,
En le rendant plus fière et par trop arrogant ;
Les yeux trop attardés à regarder le ciel,
La souffrance terrestre lui devient vénielle ;
Son sentiment de grandeur et de profondeur
Et tels, qu’il se sent attiré vers les hauteurs,
Pour laquelle mère Nature a renoncé
A sa domination, à sa fécondité,
Au sommet, où jamais un fruit n’a vu le jour,
Où, aucun oiseau ne se risque à faire un tour ;
Que de prières exaucées ont dû reléguer
La curiosité aux flammes du bûcher,
Éclairant par là même son obscurantisme,
Et son besoin inassouvi de cynisme,
Dans une chasse à l’hérétique, à la sorcière :
Comme un ultime sacrifice au nom du père ;
La face jonchant le sol, mordant la poussière,
Pourra-t-il oublier sa coupable misère,
Dans son infertilité, sa toute impuissance
A cultiver les fruits de la connaissance,
Dans une terre trop aride et trop hostile
A la graine d’une raison par trop stérile
Et asséchée par les remords de la jouissance,
Qui le destine à la haine et à toutes les vengeances.

mesconfidences @ 18:12
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Réflexion sur notre ascension

Posté le Mercredi 28 mai 2008

Réflexion sur notre ascension

Partagé entre l’espérance du rien,
Et le désespoir du tout, au petit matin,
Je me réveil dans les limbes qui m’écartèle,
Par ces vérités qui nous endorment lorsqu’elles
Prétendent vouloir soulager des maux du soir ;
Dans cette cécité du jour, je me sens choir,
Vouloir me départir de l’être, de l’humain
Civilisé et servile, croyant en vain
 Échapper aux sentiments de ma condition,
Renonçant un temps au leurre de ma raison ;
Je lutte fiévreusement pour fermer les yeux,
Pour m’en retourner par les chemins tortueux
De l’esprit qui divise pour additionner
L’incohérence de la multiplicité,
Du moins qu’engendre la permanence du doute ;
Quel monde ?… glorifiant la certitude où toute
Obscurité est regardée comme une insulte
A l’intelligence, édifiant comme un culte
L’esprit scientifique « nouvelle providence »
D’un bonheur promit exempt de toute défiance,
Enorgueillit de découverte et de progrès
Où l’individu dans sa conquête de vrai
A perdu le sens du rêve, de l’illusion
Dans une quête éperdue pour son ascension.

mesconfidences @ 18:07
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Hymne à la nature.

Posté le Mercredi 28 mai 2008

Hymne à la nature.

Que la nature reste la maîtresse de nos inspirations :
Qu’elle nous enivre comme le parfum des saisons,
Qu’elle vienne fleurir le parterre du chemin de nos émotions,
Qu’elle vienne enrichir de couleurs les confins de notre imagination,
Qu’elle devienne source d’apaisement dans la peur de nos évasions,
Dans cette soif insatiable, inassouvie, qu’engendrent nos exaltations ;
Qu’elle devienne enfin le fruit intarissable de nos passions,
Se riant des limites dans le jardin censuré de nos plus folles raisons.

mesconfidences @ 18:04
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Testament

Posté le Jeudi 22 mai 2008

 

Testament

Enfoui sous les débris en ruine,
Murés aux affres de l’oubli
Sous les années ensevelies,
Notre histoire se dissémine ;

Les feuilles doivent-elles servir
À masquer l’empreinte des pas
Qui mène de vie à trépas,
Dans notre crainte de périr ?

Où, devons-nous les parapher
Comme un ultime témoignage,
Gravé dans le marbre de l’âge ?
Survivance d’une pensée

Que les mots, l’écriture allongent
Dans l’éphémère de la vie
Qui condamne tous les esprits
Dans l’illusion qui nous prolonge.

 
 

mesconfidences @ 9:58
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