L’ombre de moi

Posté le Jeudi 5 juin 2008

L’ombre de moi

Nous ne sommes qu’une portion,
Un détail de notre personne,
Une illusion que l’on se donne,
Une simple approximation ;

Se peut-il que nous nous aimions
Dans ce peu d’être  présumé,
Aux portes inconscientes fermées
Qui échappe à la réflexion ;

Quant est-il de ce fin rêveur
Quand nous feignons de nous asseoir
Au banc de ces fantômes noirs
Qui siègent en nous et qui font peur ?

Qui est-il vraiment l’étranger
Au miroir que nous découvrons ?
Un de nos meilleurs compagnons
Que l’on souhaiterait oublier ?

Pourrions-nous nous reconnaître
Dans ce qui heurte chez autrui,
Que l’on fuit, qui nous horrifie
Et dont nous ne sommes pas maîtres ;

Sommes-nous sûrs d’être meilleur,
Comparé à ces inconnus
Quand dans les pulsions de l’abus
Nous répétons les mêmes erreurs ?

Sommes-nous vraiment différents,
De l’individu condamné,
Pour s’être laissé entraîner
À des actes qu’il ne comprend ?

Occulterons-nous cette image
Auxquelles nous devrions croire ?
Refuserons-nous de savoir
Tout le bonheur de l’apanage ?

Puis-je un jour ne plus apparaître ?
Que pour nourrir mes vains espoirs
Relégué au fond du mouroir
De ce que je ne pourrai être,

Que je ne peux connaître en rien,
Qui me dicte toutes ses lois
A jamais, sans que je n’y voie
Que l’ombre d’un moi, que je crains.

mesconfidences @ 4:20
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Consolation

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Consolation

Comme un rêve qui se dessine,
Je m’abandonne à ton image,
Comme un tout dernier mirage,
Que le temps qui passe assassine ;

Ton regard semble recherché
Un repère dans cette empreinte,
Dans les émois de cette étreinte,
Que rien ne saurait effacer ;

Tes lèvres essayent de me dire,
Ce que les mots ne savent plus,
Dans tes émotions contenues,
Vouloir exprimer sans gémir ;

Tes mains se sont faites inquiétantes,
Quand mon souffle s’est arrêté,
Pour entendre ta satiété,
Dans une dernière entente ;

Ton abandon est un aveu
Que tu ne saurais me confier,
De l’enchantement consommé,
Dans l’ivresse d’un dernier jeu ;

Cette vague vibre ton corps
Lorsque chavirant dans un cri,
Dans l’abondance de l’envie,
Mon instinct se fait matador ;

Il n’y a point de réconfort
Autre que celui de tes yeux,
Se fermant pour gouter aux cieux,
Dans l’oubli fiévreux de nos corps.

Nous  nous sommes enfin consolés
De ces années passées en vain,
A se réveiller le matin,
Aussi pauvre qu’au soir couché.

mesconfidences @ 4:15
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Une vie pour quoi faire ?

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Une vie pour quoi faire ?


Du premier jour d’innocence écervelée
A ce présent indigent et inavouable ;
De cet avenir dont nous n’osons espérer
Qu’une fin que l’on souhaite plus acceptables,
L’illusion du bonheur nous pousse au danger
Dans la futilité de ces désirs passables,
Qui nous enivre de plaisir désenchanté
Dans l’instant qui passe, éphémère et insatiable ;
Depuis l’enfant élevé dans l’infirmité
A cette jeunesse légère et incapable,
De cet homme mûr désabusé, épuisé,
A ce vieillard sachant sa fin inexorable ;
L’existence nous punis de tristes journées,
De moments et d’évènements insupportables
Qui nous condamne à l’angoisse et à endurer
Des déconvenues et des souffrances ineffables ;
La vie étant un mal pourquoi la prolonger
Au-delà de ce qui nous parait acceptable,
Dans l’entêtement pour vivre, désespéré,
Dans tous ces funestes atermoiements pitoyables
Où chacun aspire à vouloir l’éternité
Dans les abus de ce qui leur est profitable,
Dans l’indifférence de ces âmes affamées
Dérangeant leur petit bien-être, plus louable ;
Qu’ont-ils à se reprocher pour se torturer
A sauver les restes de leurs cœurs charitables ;
De cette mort qui est toujours prématurée
Quand la peur rend les choses plus épouvantables :
La quiétude face à la mort appartient
A ceux qui ont su dépassé leur petit être
Dans l’abnégation en exorcisant leur fin,
Sans recours à la science ni à aucun prêtre.

mesconfidences @ 4:10
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De la pensée exhumée

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De la pensée exhumée

Le croyant dans sa camisole réflexive
Autistique, génère une pensée chétive,
Dans une crédulité des plus hébétées
D’apathie réincarnée en naïveté ;

Sa foi la plongée dans tous les renoncements
De la prosternation jusqu’à l’atermoiement ;
De cet accessible réprimé par la raison
A la réflexion transie par la confession ;

Il nie le probable et croit dans l’expiation
Voir naître l’espoir au fond de ses convictions ;
Il fuit la certitude comme un châtiment
Dans l’ébriété exaltée du pénitent ;

Il fait du vraisemblable une simple apparence,
Ce complet dans l’indigence de ses croyances
En ressuscitant le possible, paroxysme
De l’illusion angélique du christianisme ;

Le prévisible, cette absolue clairvoyance,
L’affranchi de chercher dans la concupiscence
Car l’amour de tous ses prochains l’expose au pire,
Quand le jeûne va jusqu’à vouloir l’affaiblir ;

Les suppliques continuent ses rêves d’enfant,
Entretien son infantilisme débordant
En caressant des espérances chimériques
En des vœux et des promesses cadavériques ;

Le doute vient émoustiller son rationnel,
Ébranlant sa toute candeur émotionnelle
 Dans la culpabilité la plus castratrice,
Dans l’ivresse de la rédemption salvatrice ;

La prière, anémiée par l’hypocalorique
Hostie, d’une religion quasi famélique
Où la vérité crucifiée et décharnée :
Est le squelette d’une pensée exhumée.

mesconfidences @ 4:10
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De l’imperfectible intelligence

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De l’imperfectible intelligence

Comment l’homme peut-il encore se supporter
Face à la faiblesse de son intelligence,
Sa capacité à comprendre limitée,
Sa difficulté d’approcher la connaissance ;

Dans sa conquête stérile de vérité
Sa toute exigence le détourne du fruit
De l’existence, plus proche de sa portée
Et qui l’aiderait à donner sens à sa vie ;

Combien de temps lui faut-il pour continuer
A vivre l’incertitude de se connaître,
D’ignorer cet inconvénient d’être né
Qui nous destine à la crainte de ne plus être ;

Sans comprendre la vraie raison de son passage,
Sans savoir si quelque chose nous survivra,
Si dans le malheur il saura tourner la page,
Si une autre chance l’attend dans l’au-delà ;

Ce peut-il qu’il continu à dilapider
Tout son temps dans cette oisiveté confortable,
Dans l’indolence et  dans la cupidité
Maladive, qui le rend frivole et instable ;

Faudra-t-il qu’il puisse apprendre à se satisfaire
Du nécessaire plutôt que de ce superflu
Qui le condamne inexorablement au fer
De l’envie, à l’emprisonnement de l’abus ;

Continuera-t-il à ignorer notre histoire
Dans la suite des progrès de l’humanité
Dont nous sommes la continuité, la mémoire,
Justifiant sa foi en l’universalité ;

C’est par une meilleure instruction des peuples
Que nous cultiverons une fraternité
Sans concession pour cette intolérance aveugle,
Dans le rejet de ces conceptions surannées ;

C’est bien l’imperfection de notre intelligence
Le corollaire des erreurs et préjugés,
Qui galvanise nos passions dans l’ignorance
Et dont notre raison a le plus à lutter.

mesconfidences @ 4:05
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De notre réalité

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De notre réalité

Parce que la réalité nous est cachée
Comme un linceul que nous ne pouvons relever :
Pétrifiante crainte de voir notre destin,
Dans le miroir brisé de notre propre fin ;
Le reflet nous paraît beaucoup plus acceptable,
Et notre image morcelée plus recevable
Dans les débris éparpillés du souvenir :
Le détail nous égare et nous fait moins souffrir ;
L’illusion est incessante pour qui veut croire,
Aux témoignages voilés de notre mémoire ;
La probabilité devient la certitude,
Dans ce sentiment dépourvu de toute étude ;
La complaisance devient loi dans ce déni
De conscience, où l’esprit nous joue la comédie,
Revêtu des oripeaux et fausses apparences,
Conforté par l’interprétation de nos sens,
Qui nous égare lorsque la passion s’en mêle,
Au-delà de ce que la réflexion appelle ;
L’ignorance est-elle l’apanage des hommes
Ou ne serait-ce que simplement un symptôme ?
Une cause plutôt qu’un effet de grandeur
Face à l’étendue durable de ses erreurs
Dans la déficience de son intelligence
Bornée et circonscrite par ses exigences ?
La vision des choses est sans cesse limitée
A la censure de nos propres vérités ;
Nous réglons le monde à notre compréhension
En générant plus d’opinion que de raison :
Car la conviction est un leurre permanent
Qui rend crédible le moindre des jugements ;
La faculté de pensée est subordonnée
A l’émotion et à la sensibilité :
Nos facultés sont propices à la conjecture
Source de division et des pires tortures
Pour nos âmes fourvoyées par tant de méprise,
Origine de tant de malheur et de crises :
Il n’est pas rentré dans les plans du créateur
Que nous puissions, un jour, atteindre le bonheur.

mesconfidences @ 4:04
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Du cinéma

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Du cinéma

Des auteurs dépassés et sans inspirations,
Écrivent sans conviction avec prétention
Pour tous ces comédiens sans crédibilité
Qui s’évertue à nous convaincre de jouer ;
Tant il est vrai que le monde offre tellement
De scènes où les acteurs sont loin de faire semblant,
Passionnément, avec originalité,
Inventif, lorsqu’il s’agit de vouloir tuer,
Dans une improvisation déjouant tous les rôles
Dans des représentations de moins en moins drôle :
L’homme reste l’interprète le plus doué ;
L’acquis s’incline face au maître qu’est l’innée ;
Le rideau s’est fermé faute de spectateur
Partis exercer leurs talents à plus d’horreur ;
Les projecteurs se sont éteints sur les consciences,
Pour éclairer les nouveaux foyers de violences ;
Les anciens décors ont tous été décrochés,
Trop pauvres, trop éloignés des réalités,
D’une imagination dépassant la fiction
Par la cruauté toujours en émulation,
Où chacun complaisant continue d’applaudir
Le spectacle du vingt heures sans en frémir ;
Dans ce grand théâtre où chacun se joue de l’autre,
Les plus doués passent encore pour des apôtres
De l’équité sociale et pourvu de vertu
Par des figurants voués à être assidus ;
Nous vivons le tout dernier acte d’une vie
Où la comédie s’inscrit dans une tragédie.

 

 

mesconfidences @ 4:03
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De la foi sanglante

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De la foi sanglante
 

Quel malheur frappe l’homme pour qu’il se détourne
De cette connaissance, pour qu’il s’en retourne
Sans cesse sur les chemins de l’obscurantisme
Comme le phare éteint de son idéalisme ;
La peur phobique d’échouer sur le récif
De la réflexion devient péché maladif ;
La lumière n’éclaire que ceux qui avancent :
Elle ombrage l’abstinent qui dans son errance
A petit pas se met à compter avec peine
L’étendue de son ignorance toute pleine
De toutes ses certitudes qui nous effraient,
Quand elles affirment réfléchir sur notre paix ;
Inhumant le doute un peu trop inhibiteur
Dans une prière dissipant le malheur,
L’indigence est l’un des meilleurs préservatifs
Contre l’esprit inventif et dubitatif ;
Elle est le meilleur remède contre l’avance
De ce savoir qui enfante la repentance
Quand celui-ci découvre de féconds chemins
Pour échapper aux carcans réducteurs du saint ;
Détournant le regard de la concupiscence
Afin d’éviter l’éveil, le trouble des sens,
De celui qui ne peut renoncer au pourquoi
De l’immaculé craignant de souiller sa foi :
C’est dans l’avortement de la raison pensante
Qu’est née cette foi inébranlable et sanglante.

mesconfidences @ 4:02
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Du bonheur du croyant

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Du bonheur du croyant

Quand son bonheur ne se mesure qu’à la souffrance,
A la misère qui se lit aux yeux d’autrui,
On comprend mieux la source de la jouissance
Du croyant qui cherche dans l’ombre un ennemi
Pour assouvir la soif de son intolérance
Dans les eaux imbuvables, pas encore béni,
Désignant le mécréant coupable d’offense :
Blasphème condamnant l’incroyant à l’hérésie ;
La fange et la morale du péché d’outrance,
Où il lui faudra rester propre, lui l’impie,
Qui pêche à tort dans les flots de la connaissance.

mesconfidences @ 4:01
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De l’altruisme du converti

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De l’altruisme du converti

 Il jouissait de la vie pour ne pas mourir bête,
Souvent inspiré par une âme de poète ;
Il avait plus d’opinions que de certitude
Et n’avait pas conscience de sa finitude ;
Quelle haute pensée de se savoir mourant
Dans le confort et le bien-être opulent ;
L’immortalité était son seul avenir,
Et les céphalées l’épargnaient de réfléchir ;
Il avait tant entendu et maintes fois vu
La nécrologie d’autrui, certes avec émoi
Mais sans jamais vraiment imaginer qu’un jour
Il aurait sa place et que ce serait son tour ;
La maladie arriva comme un couperet
Et la terreur mit fin à ses plus beaux projets,
Ne lui laissant d’autre choix que le paradis
À espérer ; priant en nouveau converti
Il se plaigna du manque de reconnaissance
A son propre égard et fit cas de ses souffrances,
Aux fidèles, cherchant la considération,
Réclamant de chacun un peu plus d’attention,
Désireux que Dieu aussi s’apitoie sur lui
Et que dans une absolution : il le gracie ;
Son cœur le poussa à finir ses entreprises
Ne voulant rien concéder à la couardise ;
Alors, il afficha ses réussites aux murs
Comme des trophées brillants par leur fière allure,
Dernier miroir à son image narcissique,
Et entretenant ses inclinations cyniques ;
Il s’intéressa à la misère alentour
En plastronnant qu’il ne voulait rien en retour
Et enorgueilli tel un gladiateur romain
Victorieux de ses batailles sur son destin
Et à la bravoure de ses engagements,
Il devint nouvel apôtre du dévouement,
Altruiste de l’humilité prêt à combattre
L’injustice du monde dans un dernier sacre.

mesconfidences @ 4:00
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