Hymne à la nature 2

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Hymne à la nature 2

Que la nature reste la grande maîtresse
De nos plus belles et flamboyantes inspirations ;
Qu’elle nous emporte dans d’anonymes ivresses
Comme le parfum émoustillant des saisons ;

Qu’elle vienne couvrir et fleurir le parterre
Des chemins escarpés de nos émotions ;
Qu’elle enrichisse de couleur l’âme et notre chair
Jusqu’aux confins de notre imagination ;

Qu’elle devienne source d’apaisement,
Dans la  peur  licencieuse de nos évasions,
Dans la soif inassouvie, folâtre, enfantant
La plus exacerbée de nos exaltations ;

Dans cette passion qui se rit des limites,
Dans ce jardin fertile où le fruit censuré
Nous abandonne à la jouissance fortuite
De nos fantasmatiques désirs refoulés ;

Qu’elle nous donne les clefs pour enfin libérer
Nos cœurs captifs de toutes nos inhibitions ;
Dans la frénésie de nos instincts recouvrés,
Dans la blanche innocence de l’excitation ;

Qu’elle nous donne accès à la sublimation,
L’antre de nos pulsions affectives inconscientes
Pour arriver à cet état de perfection
Où l’interdit n’est plus une action déviante.

mesconfidences @ 4:42
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Insomnies

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Insomnie

Comme une eau souillée d’encre noire,
Le crépuscule m’envahit
Dans le silence de la nuit,
Dans ce nocturne provisoire ;

La lumière s’est évanouie
Dans les confins de ma mémoire
Comme dans un dernier couloir,
Sans aucune issue de sortie ;

L’obscurité est mon refuge
Où je m’octroie certaines trêves
Dans les abandons qui m’achèvent,
Dans tous ces tourments qui m’insurge ;

Je ne peux décrocher de rêve
Sans hériter de cauchemar
Dans le songe de l’exutoire
Somnolent au jour qui se lève ;

Je ne trouve point de repos
Dans mon anéantissement
 Que représente ce néant,
Aux frontières de mon tombeau ;

Je refuse tous les caprices
De mon esprit impétueux,
Balayant le carcan des cieux
Dans ses oniriques artifices ;

C’est dans la plainte de mon âme
Devenu au soir noctambule,
Que ma conscience déambule
Dans l’impasse de mes fantasmes ;

L’insomnie est ma réflexion,
Un dortoir pour tout éveillé
Lucide, qui ne peut sommeiller
Sans la lueur de la raison.

mesconfidences @ 4:41
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Novembre

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Novembre

Le souvenir me revient de tes yeux
Dans ce corps fébrile et moitié transi,
Épuisé de combats infructueux,
Pétris de solitude et d’incompris ;

Ils voulaient continuer à briller
Non de ces anciens pleurs résiduels,
Mais de ce souhait embryonnaire, né
De ce rendez vous non contractuel ;

Ils essayaient d’exprimer l’indicible
Que ton regard voulait ne pas trahir
Pour ne pas redevenir une cible
Sans être certaine d’y consentir ;

En cette brumeuse nuit de novembre
Où nous recherchions sans trop y croire
Dans les débris de nos deux vies en cendre,
Les restes pour de futures victoires ;

Dans tes yeux que de pages déchirées,
De feuilles froissées, désespérément
Blanches immaculées, pas même ébauchées,
Laissant la place à un dernier serment ;

Oui, j’ai voulu y inscrire une ligne
Comme un dernier chemin à vouloir suivre
Où les mots s’inscriraient comme le signe
D’un espoir que l’on se devait de vivre.

mesconfidences @ 4:40
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De la naissance de l’humilité

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De la naissance de l’humilité

Nous naissons dans la douleur et dans de sourds pleurs,
Face à un monde que nous ne pouvons comprendre,
Dont nous sentons déjà qu’il nous faudra apprendre
A nous habituer aux affres du malheur ;

Dénudé que deviendrai-je sans le secours
Maternel de cette humanité assistante
Sans laquelle ma vie deviendrait chancelante
Et s’arrêterait dans un court compte à rebours ;

Dans la plainte de mes appels, j’accède au sein
Nourricier qui assouvi pour quelque temps
Ma soif de grandeur, mon devenir larmoyant,
Quand, dans la solitude mes cris restent vains ;

Après ma victoire sur le monde utérin
Me voilà exposé à toutes les souffrances
Avec comme unique recours, mon impuissance
A me battre contre les vents adultérins ;

La moindre absence me condamne à l’anxiété
De l’abandon, dans ma raison crépusculaire
Où mes sens deviennent mon véritable calvaire
Dans le néant de ma pensée aseptisée ;

Je me trouve dans un état de dépendance
Et suis une proie rêvée pour un prédateur :
Dans la blancheur éclatante de ma candeur,
Dans toute ma virginale et pure innocence ;

La vulnérabilité nous rend inférieurs
Dans notre estime, jusqu’à choisir d’avorter
En nous destinant à vivre traumatisés
Par cet enfantement quelque peu castrateur ;

Cette infirmité dont nous place la nature
Aurait pu servir l’homme à plus d’humilité,
Mais sa quête de gloire et de cupidité
L’on fait préférer en ce monde la souillure.

mesconfidences @ 4:39
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De ma vie pas très claire

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De ma vie pas très claire

J’ai dû me fuir pour essayer de plaire,
A ceux qui m’entourent, mais pas à moi ;
De cette couleur de peau pas très claire
Je devrais faire avec, sans autre choix ;

J’ai dû apprendre à m’oublier en vain
Car mon histoire se reflète aux yeux
De tous ceux qui ont changé mon destin,
Pour une autre vie, pour d’autres Dieux ;

Je ne me reconnais plus dans l’image
Dans laquelle la société m’enferme
A la perpétuité à rester sage,
Sans que je puisse être vraiment moi-même ;

Je suis victime de tous ces clichés
Qui me voue au devoir de me mentir
Et à refuser cette hérédité,
Si je veux éviter le repentir ;

Je suis devenu une ressemblance
Autant que je me devais d’apparaitre,
Qui devait tirer profit de sa chance,
Reniant une partie de son être ;

Quoi de plus terrible que ressembler
A tous ceux qui me désignent coupable
D’origine, de lien de parenté
Qui jamais feront de moi leur semblable ;

Je me sens un peu comme en errance,
Considéré comme un vrai paria,
Pourvu de toutes les insuffisances,
Sans identité, comme un renégat ;

Je me suis inventé toutes ces îles
Pour ne plus avoir à me justifier,
Pour que je n’aie plus à paraître vil,
Désespéré, de tant les imiter ;

Je ne suis plus que cette espèce d’ombre
Inquiet de voir le soleil qui se lève
Pour mesurer toute la partie sombre
Qui me pénètre comme avec un glaive :

J’attends que la nuit tombe pour qu’enfin
Tous ces regards n’aient plus à me juger
Dans cette partie de moi qui s’éteint,
Dans la foi que je leur avais portée ;

Quoi de plus angoissant que de se dire,
Que l’on m’aime pour ce que je n’suis pas,
Qu’il faut combattre pour entretenir
Cette idée et voir plus certaines fois.

Je vis dans la peur d’être reconnu,
De me retrouver comme un exilé
Rejeté et complètement exclu,
Une sorte d’apatride, réfugié ;

Comment peut-on espérer se construire
Et grandir dans ces contradictions
Qui vise à essayer de me détruire
Dans une tacite approbation ;

Combien de rôles dois-je m’inventer
Pour que je continue à exister
En gardant la conviction d’être aimé
Pour ce que je suis, sans toujours tricher ?

mesconfidences @ 4:38
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De l’état amoureux

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De l’état amoureux

Dans ce besoin de nous sentir aimés,
Nous créons un monde hallucinatoire
Où nos désirs sont des réalités
Où les qualités deviennent illusoires ;

Nous occultons toutes les dissemblances
Qui mettrait trop à mal notre dessein
En inventant de vagues ressemblances
D’affinités, avortées au matin ;

De ce mari aimant et protecteur
A ce jaloux devenu étouffant,
De celui qui courageux et sans peur
Fini par être intrépide, inconscient ;

De l’économe soucieux de gérer
 A l’avare inquiet pour ses placements ;
Du sage prudent, plein de sûreté
A l’introverti anxieux et méfiant ;

De l’envie de l’ordre et du rangement
 Au maniaque obsessionnel compulsif ;
De celui qui aime occuper son temps
A celui qu’on taxe d’hyperactif,

Il n’y a rien que l’exagération
D’un sentiment qui tient de la folie,
Qui nous fait passer de l’exaltation
Rêveuse, aux cauchemars de la nuit ;

Ce peut-il que chacun se trompe,
Que le juger soit à ce point faussé,
Que toutes les aspérités s’estompent
Dans cet impérieux besoin d’aimer?

L’amour nous oblige à fermer les yeux
Là où la haine nous les fait ouvrir ;
Le premier nous enivre jusqu’aux cieux,
La seconde éclaire le pire à venir ;

L’amoureux s’apparente au psychotique
Dans sa fabulation du réel ;
L’amour relève du pathologique
Dans les comportements et les séquelles.

mesconfidences @ 4:35
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De ta vie qui s’en va

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De ta vie qui s’en va

Comme une bouteille à la mer,
Tu t’éloignes de ces rivages
Où tu as survécu, naguère,
Estropiée, seule dans ton naufrage ;

Ballotté par les flots mouvants
De la vie, tu veux échapper
Lentement poussé par le vent
Aux écueils et te reposer ;

Comme une prière d’adieux,
Les vagues houleuses de l’ennui,
Plaintives en regardant les cieux
Écument tes dernières envies ;

La tempête est venue se rompre
Sur le récif de ta raison,
Comme un bateau ivre dans l’ombre
Moribonde de tes passions ;

L’horizon n’est plus qu’illusion
Dans cette nuit au phare éteint
Où tu n’aperçois que le fond
D’un destin qui ne t’appartient ;

Tu préférerais te noyer
Que nager à contre-courant
En attendant qu’une marée
Emporte ton corps chancelant ;

Comparable à une sirène,
Tu nous captives de ton chant
Pour apprivoiser notre peine
Dans un sourire attendrissant;

Comme une bouteille à la mer,
Tu gardes avec toi tes souhaits
Qui, un jour s’échouant sur terre
Livreront enfin leurs secrets.

mesconfidences @ 4:34
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De la culture de l’oubli

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De la culture de l’oubli

Que de grands musées parcourus,
De touristes préoccupés
Du nombre de toiles aperçues
Qu’un cliché saura justifier ;

Que de beauté abandonnée
A nos regards vides et oisifs,
Éteint à la sublimité
Par un intérêt trop tardif ;

Que de merveilles inaccessibles
A nos yeux ingrats, refermés
Et devenu imperfectible
A nos pensées aliénées ;

Que de sépulture profanée,
De monument en ruine,
D’effort et de sang gaspillés,
Tombés dans l’oubli, la vermine;

Combien de chefs d’œuvres ignorés,
Censurés à toutes émotions,
Mutilant nos cœurs amputés,
Du frisson de l’exaltation ;

Combien de livres éparpillés,
D’idées essaimées sur les pages,
De nuits d’insomnies à songer,
Qui finiront aux pilonnages ;

Combien de génies oubliés,
Sacrifiant les joies et leurs vies,
Pour que nous soyons soulagés
Dans les maux de la maladie ;

Combien de savants ont brulé
Dans les flammes de l’hérésie,
Désireux de nous éclairer
Sur les faiblesses de l’esprit ;

La culture est reconnaissance
De l’histoire de tous les hommes,
La mémoire de nos consciences,
Un accès à ce que nous sommes.

mesconfidences @ 4:30
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Décembre

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Décembre

En ces derniers jours de décembre,
J’incendierai nos différences
Pour qu’il ne reste que les cendres
De nos plus vaines divergences ;
J’y sèmerai sans plus attendre
Les graines de nos ressemblances,
Pour que nous puissions dès septembre
Moissonner nos vraies convergences,
Labourer sans rien en attendre
Que le fruit de notre attirance,
Débroussailler pour entreprendre,
Cultiver le champ des consciences
Et défricher pour mieux comprendre
L’autre dans ses ambivalences :
Tout élaguer pour mieux s’entendre
Et sceller nos futures alliances.

mesconfidences @ 4:28
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Hymne à l’oubli

Posté le Jeudi 5 juin 2008

 Hymne à l’oubli

Quel bonheur qu’une camisole
Du souvenir qui nous apaise
Quand toutes nos idées s’étiolent ;
Comme retenues dans l’alèse
De notre entendement, étanche,
Imperméable au temps, au monde,
De la souffrance qui s’épanche
Et qui se répand comme une onde,
Dans un dernier écho tombé
Dans l’oubli profond de l’abîme ;
D’une mémoire aliénée,
Plongeant l’esprit dans un mutisme
Autistique, comme un bienfait
Où le remords évanoui
Nos vieux abus et nos excès ;
Couvrant les regrets d’amnésie,
Dans le caveau expiatoire
De nos jugements soulagés,
Venus se répandre au mouroir
De notre raison embaumée ;
Ayant cru quitté le carcan
Oppressif de la performance,
C’est un médical s’obstinant
A chercher une ultime chance,
D’un monde voulant l’exhumer,
Apeuré de ce quiet déclin
Que l’égoïsme exacerbé
Nous présente comme inhumain ;
Dans cette conscience obscurcie,
Qui ne se reconnaît en rien,
Qui ne redoute plus l’ennui
Et qu’aucun sentiment n’atteint,
Nous touchons l’état d’indolence :
Cette sainte béatitude
Onirique en somnolence,
Qui plonge dans la plénitude,
Dans la retraite monastique,
Fruit  tarit de la solitude
Et cultiver par l’ascétique
Dans sa quête de complétude.

mesconfidences @ 4:25
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