Du poète

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Du poète

Quand la bise naissante te dispersera,
Que ton absence personne ne remarquera,
Peut-être ne restera-t-il que le poète
Pour t’apercevoir de sa dernière retraite
En ressuscitant par les mots ton souvenir,
Essayant par la rime de te retenir ?
Du sillon fécondé par ton précieux terreau,
Naitra cet embryon de vie en ton tombeau
Comme un dernier berceau nourricier d’une mère
Bienveillante ayant sacrifié jusqu’à sa chair
Pour que germine la graine de sa nature
Et que murisse le fruit en sa sépulture ;
Ainsi verra-t-il fleurir dans tous les jardins
Ton esprit qui comme la rosée du matin
Étincelante et perlée ci et là jetée
Comme autant d’yeux larmoyants et éparpillés,
Exaltera ton parfum dans toutes les roses
Émanant de ton cœur qui se métamorphose ?
Lorsque son regard pourra enfin s’élever
Dans la noirceur éteinte du ciel endeuillé,
Il te parera de mille et une couleurs
Incarnant une à une toutes tes valeurs
Qui prendront leur envol vers des lieux reculés
Comme une poussière lumineuse constellée ;
C’est un peu de ton souffle qu’il entendra
Quand la brise laissera entendre ta voix
Comme un gémissement plaintif lui murmurant
De ne pas tenter de te rejoindre ; coiffant
Alors les voiles de sa frêle embarcation,
Lui évitant les récifs de la perdition
Et les vagues tempétueuses du destin,
Son ancre il posera pour d’autres lendemains ;
Il aura su conserver ton dernier soupir
Comme un flux divin qu’il aura à se servir
Pour raviver tes cendres, entretenir ta flamme
Et illuminer les cieux et toutes les âmes :
Pour que les anges séduits et admiratifs
Veillent sur toi comme leur enfant adoptif,
Te reconnaisse et te désigne séraphin :
Pour que nul humain ne soit jamais orphelin.

mesconfidences @ 4:52
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De l’indigent

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De l’indigent

C’est sous le crépuscule de la nuit
Que s’offre le monde à leurs yeux mi-clos,
Sous un brouillard comme un épais manteau
Chaste et qui diffuse toute leur vie
Une chaleur tiède mais apaisante
Qui tout en feignant de les rassurer,
Les bercent pour mieux leur dissimuler
Toutes les vérités noires, accablantes
Pour leurs esprits ténus et exigus ;
Ils se complaisent à regarder leur ombre
Sur les murs décrépis dans la pénombre
D’une réalité devenue crue,
Dont le leurre alimente l’évasion ;
Le réconfort duveteux de leurs fables
En dévirilisant leurs cœurs affables,
Les pousses à paître aux champs des illusions ;
C’est la cécité qui guide leurs pas
Hésitants sur les chemins de l’oubli
Vertueux, nourrissant leur rêverie
De couardise au premier des combats
Et qui jamais n’affecte leurs consciences ;
C’est l’inanité de tous leurs efforts
Qui les plonge au quotidien dans la mort,
Dans un dernier sursaut contre leur indigence.

 

mesconfidences @ 4:51
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De l’imposture

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De la providence

Quand le vent de la crainte se met à souffler,
La réalité se met à se camoufler
Dans les réfectoires de la sainte morale
 Où le monde paraît être hanté par le mal ;
Tous les esprits semblent avoir été envoûtés
Pour être mieux exorcisés et  sauvés
Par ces docteurs de l’église, chirurgiens,
Opérant toutes les âmes égarées du bien,
Avec des guérisons rendant certains crédule
A ces fantômes perfides qui déambulent
Derrière chacune de leurs viles pensées,
Pourchassant leurs idées jusqu’à les répudier ;
Culpabilisant la moindre de leurs envies,
Réveillant les démons dans leurs pauvres appétits,
Condamnant le moindre de leurs penchants
Comme une ombre lancinante les poursuivant
Jusqu’aux entrailles de leur défunte raison,
Comme un dernier rempart à leur malédiction,
Sous le regard sévère du tout puissant père :
Dans sa promesse des flammes de l’enfer ;
C’est face à cette terreur que le religieux
Doit lutter contre les désirs impétueux
Et les sanctions angoissantes d’un créateur
Dépassé par son œuvre et qui en spectateur
Regarde se dérouler cette « providence »,
Que chacun appelle de ses vœux dans l’apparence
Dont il croit apercevoir chaque jour le signe
D’une preuve qui se manifeste et le désigne
Porteur de la sainte et vertueuse parole ;
Avec ostentation et arborant l’auréole
Porté par le souffle asthmatique du divin,
Il se sent investi du pouvoir des devins
Justifiant les exactions et les bacchanales
Purifier dans l’isoloir du confessionnal :
Purgatif soignant l’hypocrisie des consciences
Dans les eaux usées, souillées par l’intolérance,
Troublées par les gesticulations diphtériques
D’une source fangeuse devenue toxique :
Barbotant dans les remous de l’immaculé
Ayant contaminé toutes les vérités,
Dans les courants et tourbillons de la décrue,
Ils se noient aux flots frelatés de l’absolu.

mesconfidences @ 4:51
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De ma tragédie ?

Posté le Jeudi 5 juin 2008

 De ma tragédie ?

Arriverais-je un jour à me mettre à prier
Pour que comme tous, mes vœux puissent s’exaucer :
Que j’exempte de maux mes préférés amis,
Que je charge de maladies mes ennemis ;
Que mon avenir se dessine dans les cieux
Apaisant toutes mes craintes et mon cœur anxieux ?
Dans la faiblesse et dans le découragement,
Entendrais-je les voix du soutien quand je sens
Dans la solitude naître le désespoir,
Dans un ciel bleu rempli de ces nuages noirs
Qui nous empêche d’apercevoir le soleil ?
Dans les nuits fiévreuses, agitées par le réveil
Continuerais-je à nourrir tous mes cauchemars,
D’une vie nébuleuse et qui aussi m’égare,
De ce temps qui passe et qui fuit cet essentiel,
Dispersant mes qualités, tout mon potentiel ?
Éviterais-je ces chemins qui me condamnent,
Si je ne peux contourner les idées insanes
Et ce tourment qu’est la tentation, anémiée
Par la privation et les désirs refoulés :
Aux renoncements à tous les plaisirs faciles,
Aux jouissances terrestres qui rendent futiles,
Pour enfin mériter les couronnes de fleurs
D’outre-tombe, inhumant à  jamais ma douleur ?
Pourrais-je moi aussi redevenir crédule
Comme ces enfants en détressent qui simulent,
Pour m’octroyer un peu plus de miséricorde
Auprès de tous ces fidèles qui ne s’accordent
Que pour désigner ensemble les adversaires
Qui n’ont pas recours comme eux aux mêmes prières,
Qui ont même inventé d’autres Dieux que le nôtre
Et qui se fiche pas mal de tous nos apôtres ?
Dois-je moi aussi mordre la poussière et feindre
Une souffrance inique sans jamais me plaindre,
Pour espérer et  mériter les récompenses
Qui fleurissent au jardin de leurs intolérances,
Que tous les croyants cultivent et récoltent à l’ombre
Des ruines en cendre dans les restes des décombres
Oubliées, sur lesquelles s’édifient leurs églises,
Dans la froideur de leurs âmes devenues grises ?
Puis-je moi aussi laver ma conscience à l’eau
En conservant tout mon honneur et boire au seau
Qui sert à chacun à se récurer l’esprit
En restant propre même dans l’ignominie
Venu jeter l’opprobre sur une raison
Aliénée dans la plus sordide des actions ?
Pourrais-je m’endormir après m’être renié
Et  condescendre à toute cette ébriété,
Affirmant de fausses vérités canoniques
Sans n’en éprouver aucun vertige émétique ;
Je veux rester sincère et fidèle à moi même,
Les pieds dans le source fangeuse du baptême,
En renonçant d’essayer de me nettoyer
Des odeurs pestilentielles de mes péchés ?

mesconfidences @ 4:50
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De la providence

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De la providence

Quand le vent de la crainte se met à souffler,
La réalité se met à se camoufler
Dans les réfectoires de la sainte morale
 Où le monde paraît être hanté par le mal ;
Tous les esprits semblent avoir été envoûtés
Pour être mieux exorcisés et  sauvés
Par ces docteurs de l’église, chirurgiens,
Opérant toutes les âmes égarées du bien,
Avec des guérisons rendant certains crédule
A ces fantômes perfides qui déambulent
Derrière chacune de leurs viles pensées,
Pourchassant leurs idées jusqu’à les répudier ;
Culpabilisant la moindre de leurs envies,
Réveillant les démons dans leurs pauvres appétits,
Condamnant le moindre de leurs penchants
Comme une ombre lancinante les poursuivant
Jusqu’aux entrailles de leur défunte raison,
Comme un dernier rempart à leur malédiction,
Sous le regard sévère du tout puissant père :
Dans sa promesse des flammes de l’enfer ;
C’est face à cette terreur que le religieux
Doit lutter contre les désirs impétueux
Et les sanctions angoissantes d’un créateur
Dépassé par son œuvre et qui en spectateur
Regarde se dérouler cette « providence »,
Que chacun appelle de ses vœux dans l’apparence
Dont il croit apercevoir chaque jour le signe
D’une preuve qui se manifeste et le désigne
Porteur de la sainte et vertueuse parole ;
Avec ostentation et arborant l’auréole
Porté par le souffle asthmatique du divin,
Il se sent investi du pouvoir des devins
Justifiant les exactions et les bacchanales
Purifier dans l’isoloir du confessionnal :
Purgatif soignant l’hypocrisie des consciences
Dans les eaux usées, souillées par l’intolérance,
Troublées par les gesticulations diphtériques
D’une source fangeuse devenue toxique :
Barbotant dans les remous de l’immaculé
Ayant contaminé toutes les vérités,
Dans les courants et tourbillons de la décrue,
Ils se noient aux flots frelatés de l’absolu.

mesconfidences @ 4:49
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Hymne à la jeunesse perdue

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Hymne à la jeunesse perdue

Où est passé le temps des insouciances
Emportés par les feux de l’impatience ?
De notre quotidien fait d’inertie
Par nos convictions teintées d’apathie,
Dans l’abstention à toute opposition,
Résigné dans nos plates tentations
Par la tiédeur des envies, des plaisirs,
Refroidie dans l’ardeur de nos désirs ;
Les années ravivent ces braises éteintes,
Dans le regret d’une jeunesse emprunte
De la spontanéité innocente ;
De cette indépendance débordante
Que nous nous refusions de contenir
Sans culpabilité et repentir ;
Dans l’incontinence de nos passions,
Dans les idéaux de nos rébellions
Fuyant les mesures et leur barrage,
Récusant tout ce qui nous tenait sage ;
Dans l’aveuglement de nos émotions,
Nous affranchissant de l’appréhension,
Livré à nos plus primaires instincts
Dans un ultime vertige sans frein,
Étourdi au frisson de l’abandon ;
Délivré de ces morales sans nom,
Dans l’ivresse de la désinvolture,
Au-delà des frontières, des censures
Où chaque aventure même délurée
Nous menait sur les chemins débridés
De l’égarement, de la délivrance ;
Griser dans le bonheur de l’inconscience
Par les utopies les plus subversives
De ces folles rêveries excessives
Où le délire était notre apanage,
Dans le détachement, sans aucun gage.

mesconfidences @ 4:49
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De la trahison

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De la trahison

Je retiendrai le fruit qui tombe
De sa branche, pour te l’offrir
Avant même qu’il ne succombe,
Pour que tu ne le vois tarir ;
Je n’hésiterai pas à me courber
Pour recueillir tous tes défauts,
Comme autant de blés abîmés,
Dont je moissonnerai les maux ;
J’aplanirai nos différences
Et sèmerai le meilleur grain
Pour cultiver nos ressemblances
Et voir fleurir nos lendemains ;
J’apprendrai à coudre le soir
Pour rapiécer tous nos vieux rêves,
Y broder de nouveaux espoirs,
Des ailes pour que l’on s’élève ;
Je pourrai tamiser tes larmes,
Pour en rechercher les pépites
Qui rendront plus riche ton âme,
Recouvriront d’or nos limites ;
Je déterrerai des trésors
Pour que s’émerveillent tes yeux,
Pour enrichir nos désaccords
Et solder tous nos adieux ;
J’inventerai d’autres frissons
Pour vivre plus intensément
Les interdits de la raison
Autant que d’authentiques amants ;
La lune je décrocherai,
Pour ne pas troubler nos humeurs ;
Le soleil je ramènerai
Pour que l’été soit dans nos cœurs ;
Que de promesses solennelles,
D’abnégation pour se séduire,
De folies inconditionnelles
Pour se trahir et tout détruire ?
Combien d’années à se chercher,
De passions partagées, de rires,
Si peu de temps pour se quitter,
Pour s’oublier et se haïr ?

mesconfidences @ 4:47
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Chronique du couple

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Chronique du couple

Combien de choses nous mutilent
Quand la vie se charge de peine,
Nous enchaine à tout ce futile
Dans nos préoccupations vaines
En nous éloignant l’un de l’autre :
De cet essentiel à portée
De nos mains tendues, qui se vautrent
Dans nos illusions avortées ;
D’une vie trop courte pour prendre
Le temps d’apprendre à partager
Et d’essayer de nous comprendre,
Dans ce qui peut nous rassembler,
Que nous aurions dû ne pas faire,
Que nous aurions pu retenir,
Qui laisse un léger goût amer,
Comme un coupable repentir ;
Trop longue quand vient la discorde
Et qu’il faut faire le déballage ;
Que tout finit et se saborde
Dans un déconcertant naufrage ;
Quand plus rien ne nous rapproche,
Que l’on ne sait plus quoi se dire,
Voir, toujours les mêmes reproches,
Sans renoncer à nous mentir ;
Combien de ces choses inutiles
Nous détourne de tous nos rêves,
Dans l’inconscience la plus vile
 Qui tout lentement nous achève ;
Dans ces promesses qui nous noient
Sous une douche des plus froides,
Lorsque la réalité croît,
Que l’espérance se dégrade
Et que le vent souffle trop fort
Sur le fruit un peu trop mature :
La nature agit sans remords,
Quand détaché, vient la rupture.

mesconfidences @ 4:46
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Chronique d’une mort annoncée

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Chronique d’une mort annoncée

Comme cette plume que je plonge
Dans l’encre de mes idées noires,
L’écriture émaille mes songes
Dans le reflet terni du soir
Où la lumière m’abandonne
A mes dernières illusions ;
Dans cette vérité qui sonne
Le glas de ma toute raison,
De ce jour  venu assombrir
Du poids de la réalité
Tout espoir en cet avenir
Qui se trouve être piétiné
Par l’oraison d’un entretien,
Où l’émoi a anéantie
Tous mes rêves de lendemain ;
Dans une douleur infinie
Que la compassion d’autrui panse,
Que les mots raturés soulagent,
Que la solitude relance
Comme un dernier héritage
D’une nature par trop humaine ;
Par une sensibilité
Qui dans sa cruauté m’enchaine
Au cynisme de ma pensée,
Qui hante le fond de mes nuits
En d’éternels et vieux démons ;
Il entretient mes insomnies,
Annihile ma réflexion,
Réveille la main du bourreau
Qui du haut de sa toute science
Blâme et condamne à l’échafaud
Le maladif, sans repentance.

 

mesconfidences @ 4:45
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Du temps

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Du temps

C’est une vague en mouvement perpétuel
Qui s’inscrit dans une inexorable durée,
Fixant nos vies, nos mémoires pour l’éternité
Dans nos consciences pétries dans le temporel ;

C’est la quête en l’absolue de notre esprit
Qui fige les instants en une permanence,
L’immortalise dans son besoin de constance
Pour que le souvenir ne tombe dans l’oubli ;

Il soigne nos plaies béantes et traumatisantes
Après des années en apaisant nos blessures,
Dissimulant les traces de nos flétrissures,
Fardant nos âmes meurtries et balbutiantes ;

Il fixe les limites de notre horizon
Dans le déclin de notre corps s’affaiblissant,
Dans la vision posthume de l’agonisant
Éprouvée par nos intenses années de passion ;

Il laisse souvent un gout d’inachevé,
De regret, dans ce que nous n’aurions pas dû dire,
De remords quand nous aurions pu nous retenir,
De désolation quand il nous en a manqué ;

Il n’a pas de durée vraiment déterminée
Mais suit le gré de nos plaisirs, de nos souffrances ;
Nous parait interminable dans l’espérance,
Brillant éphémère dans la félicité ;

Il est un point fixe ancré entre deux extrêmes
Infini, qui est le passé et le futur ;
Dualité immuable d’une mesure
Qui nous sert de repère, de dernier dilemme ;

Il est changement dans la continuité,
Ponctué par le souffle du rythme incessant,
Dans l’unité envoutante mais assurant
Comme un fil l’écoulement à perpétuité ;

Est-il une longue succession de moment
 Dans un flux d’événement sans aucune trêve ?
Où tel un fleuve suit-il son cours et parachève-
T-il le dernier plongeon dans les flots du néant ?

mesconfidences @ 4:43
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