De nos vaines chimères

Posté le Lundi 11 août 2008

De nos vaines chimères

La fragilité de leur mince embarcation
Ne les a pas fait renoncer à leur espoir
De lever l’ancre pour assouvir leur passion
À contre-courant des vagues pour ne pas choir ;

Affrontant sur leur frêle et périlleux esquif
Les vents tempétueux qui tourmentent les mers,
Leur cœur a vaincu la houle des flots rétifs,
Briser au rocher de leurs rêves les plus chers ;

Les voiles enflées au souffle du destin souriant,
Guidés par les phares célestes tout étoilés
Leur a évité les écueils des jeunes amants
Grisés par ce tapis d’océan argenté ;

Que cherchent-ils par delà l’horizon marin
Ces heureux ? Se noyer dans l’oubli des mortels ?
Fuir ces marées chargées d’écume de chagrin
Et rescapés se languir sur leur archipel ?

Rebelle aux sirènes venant les secourir,
Seul leur folle fantasmagorie façonna
La plus petite de leurs îles en un empire,
Le fracas des lames en un balai d’opéra ;

Les récifs sont leur dernière terre d’asile
Pour ces naufragés perdus venus se jeter
Sur les rivages, comme un ultime fossile,
En leur vaine chimère à jamais échouée.

mesconfidences @ 22:14
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Connais-toi toi-même…

Posté le Jeudi 17 juillet 2008

Connais-toi toi-même…

Connais-toi toi-même et jamais plus Dieu
 Dans ses espérances tu n’attendras,
L’au-delà jamais plus tu ne croiras
Et les cieux éthérés tu ne craindras ;

Connais-toi toi-même et alors les anges
Déchus en eux tu te reconnaitras,
La foi jamais tu ne réclameras :
Étrangère la piété te sera ;

Connais-toi toi-même et alors tes rêves
Les vivre le jour tu réclameras ;
Les peurs, les craintes tu affronteras :
De trêve dans la lutte tu n’auras ;

Connais-toi toi-même et alors la vie
Ton image reflétée tu verra ;
En toi ton temple tu te construiras :
Le paradis la terre deviendra.

 

mesconfidences @ 22:07
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De l’illusion

Posté le Mardi 10 juin 2008

De l’illusion

Ô toi, fossoyeur de mémoire
Défunte à jamais mystifiée :
Ta lueur les a fourvoyées
Dans de chimériques histoires ;

Travesties par les fantaisies
De leurs souvenirs en déclin,
Sertie de fragments de destin
Relégué au flou de l’oubli ;

Il n’est rien de plus confortable
Que le parfum de ces mirages
Que tout un chacun s’aménage
Pour faciliter l’acceptable ;

Âme faible que tout épuise,
Repus de vérités partielles,
Le refrain émanant du ciel
Te berce aux fables bien apprises ;

Elle nourrit tes jugements
En soulageant la réflexion,
Entretiens tes folles opinions
Dans la douce ferveur des chants ;

Effluve enivrant de senteur
Aux vertus des plus apaisantes,
D’utopies vaines et arrangeantes :
Parodie voilée de bonheur.

 

mesconfidences @ 17:34
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Hymne au noir

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Hymne au noir

Ô toi, grand initiateur de la nuit :
Combien ton crépuscule m’a séduit ?
Maitre des profondeurs et des ténèbres
Tu es l’éternelle pensée funèbre ;

Fille des astres que tu embellis
Dans l’infini devenu ton pays,
Tu invites tous les regards inquiets
Au déclin du jour et à ses secrets ;

Tu es mon seul refuge, ma pénombre
Nocturne où se réincarne mon ombre
Défunte incarnant les peines endeuillées
Dans la noirceur du soir incinéré ;

Tu es mon héros, mon inspirateur,
Un écho qui nous tombe des hauteurs
Et qui pénétrant le fond des abîmes
Élève l’âme dans les creux de l’intime ;

Tu m’évites ces éclairages absurdes
Que l’on rencontre sur les latitudes
D’un monde aveuglé par les artifices
Luisants, d’une réalité factice ;

Tu es mon étoile sur les chemins
 Constellés, l’énigme de ces lointains
Aux arcanes noirâtre de  l’occulte,
Au silence éloigné de tout tumulte ;

Tu es cette obscurité matricielle,
Un Dieu en ce néant originel
Dans l’atmosphère noircie du céleste
Encensant mes rêves les plus funestes ;

Tu es cette étendue existentielle,
L’uniformité formant l’essentiel
D’un univers noir absent de couleur :
Arc en ciel du contraste et des valeurs ;

Tu nais de la trinité des mélanges
Élémentaire, avènement étrange
D’une fusion gommant les différences :
Ce trait de l’union sans condoléances ;

Tu es l’équilibre dans la rupture
De ces tons primaires à qui tu assures
La tonalité et leur caractère :
Sacrifié aux premières lumières.

mesconfidences @ 16:59
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Hymne à la liberté

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Hymne à la liberté

La faculté de sentir, d’éprouver, de jouir
Nous assujetti à la sensibilité,
Nous pousse au contentement de tous nos désirs
Dans des plaisirs affligeants de servilité ;

Cette quête effrénée vers la satisfaction
Nous condamne à perpétuité à l’addiction,
Nous enferme dans les méandres de l’envie
Subalterne, infériorisant nos appétits ;

Elle se nourrit du leurre de nos habitudes
Dans les simulacres de nos belles attitudes,
Qui en feignant d’être, finit en une doublure
Pitoyable, nous asservissent de censures ;

Nos sentiments nous poussent à aimer, à haïr
Tétanisant nos cœurs ; loin de nous anoblir
Ils nous avilissent inhumant le rationnel
Sur l’autel de l’hégémonie passionnelle ;

Nous sommes l’instrument de nos émotions,
Sujet à la vilénie de nos tentations
Avec ces intérêts cupides et compulsifs
Tourmentant nos esprits devenus régressifs ;

Nous sommes le jouet pulsionnel des instincts
Capricieux et despotes réglant nos destins
En nous liant au fer de l’affectivité,
Agenouillés à nos impérieux préjugés ;

Sauvons la vérité du joug des dépendances
Subordonnées, résolvons nos ambivalences
Et affranchissons-nous du carcan de l’ivraie
Dans l’ascension au bonheur, aux cimes du vrai ;

Le beau nous élève jusqu’à la connaissance
Cultivant le grain en défrichant l’ignorance
Des limites oppressives de la servitude
Innée, jusqu’à l’acquis de la béatitude ;

La volonté est fruit laborieux du travail,
Dont les victoires sont de pacifiques batailles,
Des luttes pour que triomphe l’intelligence
Contre l’empire et la duplicité des sens ;

C’est ce dur combat fratricide entre raisons
Et subjectivité, cette dualité
Schizophrène, la dernière des cloisons
Entre le primitif et le civilisé.

mesconfidences @ 4:58
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Du jour qui décline

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Du jour qui décline

Derrière ce jour qui s’étiole et tombe,
Je vois se profiler au loin ces tombes
Qui tout en disparaissant dans les ombres
Ravivent mes cauchemars les plus sombres ;

La nuit se répand comme une encre noire
Maculant mon linceul d’un désespoir
Funeste annonçant un prochain néant
Sous un ciel ténébreux et déclinant ;

Une dernière lueur adultère
M’égare et me trompe sur mes repères ;
L’obscure noirceur et ma seule empreinte
Qui me rappelle mes vaines joies défuntes ;

Les rêves m’emportent jusqu’au trépas
Sans jamais me laisser voir l’au-delà ;
L’insomnie réveille mes vieux oublis
Me faisant craindre les prochains minuits ;

Le silence est mon dernier compagnon
Qui me grise aux sons de mes évasions,
Aux chants des étoiles qui apparaissent
Portées par des vérités en détresses ;
 
Le monde s’est endormi avec mes craintes
Insouciant à ces lumières éteintes
Qui ne brille plus que par cette absence
Crépusculaire, glas d’une existence.

mesconfidences @ 4:57
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De l’amputation

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De l’amputation

Quand la douleur nous fait atteindre les sommets
De l’intolérable dans un abyssal vide,
La solitude nous flagelle et se parfait
Dans une souffrance vengeresse et aride ;

La cruauté nous a désigné comme proie :
Son hégémonie et des plus tentaculaires,
Insidieuse et sans aucune forme d’émoi :
Elle étend son emprise des plus délétère ;

C’est une vraie chute dans la désespérance,
Un ultime plongeon dans les flots du reflux
De notre esprit à jamais noyé dans l’errance
D’un supplice subi au seuil de l’absolu ;

C’est une lutte sans merci contre nous-mêmes,
Une de ces désescalades intérieures
Aux confins des frontières, sans stratagème
Les plus reculées de toutes nos vieilles peurs ;

Dans l’ivresse sevrée au comble des vertiges,
Nos plaies se gangrènent sur de vieilles blessures
Purulentes enfouies dans ces oublieux vestiges
Qu’offre le souvenir plaintif de nos morsures ;

Plus rien pas même le temps ne nous cautérise ;
C’est dans les profondeurs de notre âme haletante
Que les ténèbres prennent forme et concrétisent
L’écho de ces lamentations assourdissantes ;

Le temps le prolonge au-delà du supportable :
Titubant dans une pensée confusionnelle,
Tourmentée par une conscience inconsolable
Nous sacrifiant sur l’autel de l’émotionnel ;

C’est dans ce funeste et cynique cauchemar,
Que notre cœur palpite aux rythmes larmoyants
De nos sentiments qui nous pousse au corbillard,
Dans un chagrin éternel en nous amputant.

mesconfidences @ 4:56
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De l’amitié

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De l’amitié

Où sont passées nos plus belles amitiés :
Celles que nous pensions des plus sincères
Dans le ciel bleu sans nuages annoncés
Dont nous pouvions profiter sans prières ;

Ce que nous partagions nous le vivions
Dans une fraternité intangible
Et rassurante, que nous ne pouvions
Considérer autrement qu’infaillible ;

Nos cœurs se satisfaisaient de la vie
Béate, de ces sourires bénins
Où tout sentiment semblait abonni
Par ces mains tendues qui ne donnaient rien ;

Nous nous sentions compris et soutenus
Dans ces moments creux et insignifiants
Où le vain était des plus assidus
Lorsque nous nous voulions plus exigeants ;

Chimérique aide que tous ces discours
Qui se font entendre ; ostentatoire
Fierté que de parader sans détour
Dans un style des plus péremptoires

Qui n’engage que tous ceux qui y croient ;
C’est dans ces soporifiques alibis
Que ce construisent les mauvaises fois
Pleutres et sans le moindre des repentis ;

Piètre lâcheté face aux difficultés
Qui éloigne comme une épidémie
Les intérêts qui se trouvent entamés,
Menaçant par contagion les esprits ;

La plupart alors s’éloignent, discrets
Pour ne pas se trouver contaminé
Par cette obligation d’être au chevet
De ceux qu’ils n’ont jamais vraiment aimés.


mesconfidences @ 4:55
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Chronique d’une œuvre ratée

Posté le Jeudi 5 juin 2008

Chronique d’une œuvre ratée

Le jour où certains des hommes se mirent à croire
Qu’un Dieu pouvait présider à leur destinée,
Ils ne tardèrent à se targuer, à plastronner
Dans un de ces bonheurs les plus jubilatoires ;

La fatuité et la pitoyable indécence
De cette supériorité élective,
Flattait leur égoïsme et leurs prérogatives
Dans l’exacerbation de leur toute-puissance ;

Ils se mirent alors à essayer de comprendre
Les textes sacrés maculés et réécrits
Comme une épitaphe aggravant leur dyslexie
Sur les restes de leur raison réduit en cendre

Par des vérités restées incompréhensibles :
Dans l’obscurantisme d’un dogme prometteur,
Soignant leur peur dans un message rédempteur
Et qui expurgé leur devenait accessible ;

Tous comprirent qu’ils avaient été désigné
Et ce sentirent investis dans une mission,
Pour sauver les âmes égarées, de conversion
Pouvant justifier alors des pires péchés ;

Ils crurent lire qu’il y avait un paradis
Et c’est bien là que commença pour tous l’enfer :
Nul n’espérant plus rien en cette pauvre terre
Ils décidèrent  que tous leur était permis ;

Ainsi tous les hérétiques ils sacrifièrent
Pour s’attirer ses faveurs et être reconnu
Comme de fidèles soldats cherchant le salut
Dans les offrandes pour honorer leur Saint-Père ;

Lorsqu’ils surent qu’ils étaient faits à son image,
Ils finirent exaltés par se prendre pour lui :
Ils bénirent les atrocités, les barbaries
Accomplies en son nom dans d’extatiques rages :

Leur orgueil était à son comble et nourrissait
Toutes les ambitions chez les moins scrupuleux
Qui virent très vite tous les avantageux
Pouvoirs de domination qu’ils en tireraient :

Ils entreprirent ainsi d’éduquer les enfants
Pour avoir l’assurance qu’ils restent plus sages
Par la culpabilité et l’amidonnage :
Dans les catéchèses de l’endoctrinement ;

Mais des doutes apparurent sur sa perfection
S’emparant des esprits sains qui tout effrayés
Se mirent à réfléchir et désespérer
Comprirent enfin ses véritables intentions ;

Ils regrettèrent d’être nés, leur filiation
Ils rejetèrent pour ne pas lui ressembler :
L’opprobre était jeté sur notre humanité,
 Blessée pour des siècles par tant d’humiliation ;

Certains commencèrent à dirent que si Dieux
Existait, il aurait tant à se justifier
Qu’il vaudrait mieux qu’il ne se soit ressuscité
Et qu’il nous ait fait de véritables adieux ;

Il y en eût qui le dire mégalomane :
En prétendant pouvoir sauver nos pauvres âmes
De l’enfer expiatoire, jeté vif dans les flammes,
Il passait pour un de ces pompiers pyromanes ;

D’autres enfin pensèrent, qu’avec tant d’infirmités
Si peu de vertu, mieux valait ne croire en lui,
Qu’il devait être porteur des pires ennuis :
Heureux ces Romains qui eurent à le crucifier ;

Quel créateur peut-il se trouver dépassé
A ce point par une œuvre dont il est l’auteur
Et dont aujourd’hui il n’est plus à la hauteur,
Si ce n’est aux cieux où l’on cherche à l’excuser ?

mesconfidences @ 4:54
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De la compassion

Posté le Jeudi 5 juin 2008

De la compassion

C’est dans la détresse que la pitié
Ce fait des plus oppressantes et craintives ;
Elle nous place dans l’infériorité
Des plus avilissante et abrasive ;

Elle attire les fossoyeurs qui en quêtent
D’âmes affaiblies, s’emploient dans leur orgueil
Démesuré, à jouir de nos défaites,
Heureux de nous faire porter le deuil ;

Le cœur s’essouffle d’avoir à comprendre
Une raison qui ne peut accepter
La miséricorde, qui ne peut entendre
Ces voix plaintives et trop intéressées :

De ces estropiés prétendant marcher
Sur les braises munies de leurs béquilles
Où sur les eaux à jamais asséchées
Par leurs invraisemblables peccadilles ;

Rien n’est plus offensant que ces regards
Indécents de ceux qui croient reconnaitre
Le châtiment divin à notre égard,
Lorsque nous souffrons du fond de notre être ;

Fuyons ces larmoyants apitoiements
Qui sont une insulte pour qui l’inspire
Et qui nous voue à l’asservissement
Redevable de tout ce que l’on respire ;

Il faut nous libérer des préjugés
Abêtissants qui nous rendent serviles
En nous assujettissant aux péchés
Morbide et à des craintes infantiles ;

Il nous faut abandonner le carcan
 De ces jougs de la subordination,
Pour s’émanciper des fers humiliants
De l’indigence, qu’est la compassion.

mesconfidences @ 4:53
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