L’ombre de moi

L’ombre de moi

Nous ne sommes qu’une portion,
Un détail de notre personne,
Une illusion que l’on se donne,
Une simple approximation ;

Se peut-il que nous nous aimions
Dans ce peu d’être  présumé,
Aux portes inconscientes fermées
Qui échappe à la réflexion ;

Quant est-il de ce fin rêveur
Quand nous feignons de nous asseoir
Au banc de ces fantômes noirs
Qui siègent en nous et qui font peur ?

Qui est-il vraiment l’étranger
Au miroir que nous découvrons ?
Un de nos meilleurs compagnons
Que l’on souhaiterait oublier ?

Pourrions-nous nous reconnaître
Dans ce qui heurte chez autrui,
Que l’on fuit, qui nous horrifie
Et dont nous ne sommes pas maîtres ;

Sommes-nous sûrs d’être meilleur,
Comparé à ces inconnus
Quand dans les pulsions de l’abus
Nous répétons les mêmes erreurs ?

Sommes-nous vraiment différents,
De l’individu condamné,
Pour s’être laissé entraîner
À des actes qu’il ne comprend ?

Occulterons-nous cette image
Auxquelles nous devrions croire ?
Refuserons-nous de savoir
Tout le bonheur de l’apanage ?

Puis-je un jour ne plus apparaître ?
Que pour nourrir mes vains espoirs
Relégué au fond du mouroir
De ce que je ne pourrai être,

Que je ne peux connaître en rien,
Qui me dicte toutes ses lois
A jamais, sans que je n’y voie
Que l’ombre d’un moi, que je crains.



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