Hymne à l’oubli

 Hymne à l’oubli

Quel bonheur qu’une camisole
Du souvenir qui nous apaise
Quand toutes nos idées s’étiolent ;
Comme retenues dans l’alèse
De notre entendement, étanche,
Imperméable au temps, au monde,
De la souffrance qui s’épanche
Et qui se répand comme une onde,
Dans un dernier écho tombé
Dans l’oubli profond de l’abîme ;
D’une mémoire aliénée,
Plongeant l’esprit dans un mutisme
Autistique, comme un bienfait
Où le remords évanoui
Nos vieux abus et nos excès ;
Couvrant les regrets d’amnésie,
Dans le caveau expiatoire
De nos jugements soulagés,
Venus se répandre au mouroir
De notre raison embaumée ;
Ayant cru quitté le carcan
Oppressif de la performance,
C’est un médical s’obstinant
A chercher une ultime chance,
D’un monde voulant l’exhumer,
Apeuré de ce quiet déclin
Que l’égoïsme exacerbé
Nous présente comme inhumain ;
Dans cette conscience obscurcie,
Qui ne se reconnaît en rien,
Qui ne redoute plus l’ennui
Et qu’aucun sentiment n’atteint,
Nous touchons l’état d’indolence :
Cette sainte béatitude
Onirique en somnolence,
Qui plonge dans la plénitude,
Dans la retraite monastique,
Fruit  tarit de la solitude
Et cultiver par l’ascétique
Dans sa quête de complétude.



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