Du simple d’esprit

Du simple d’esprit

La réflexion voue, condamne l’homme au malheur :
Seul le simple d’esprit est promis au bonheur,
A la plénitude de la satisfaction,
A la consolation de la prosternation,
A l’ignorance, face au démon des pensées ;
Quand s’agenouiller est sa plus grande fierté,
La petitesse l’élève au rang de géant,
En le rendant plus fière et par trop arrogant ;
Les yeux trop attardés à regarder le ciel,
La souffrance terrestre lui devient vénielle ;
Son sentiment de grandeur et de profondeur
Et tels, qu’il se sent attiré vers les hauteurs,
Pour laquelle mère Nature a renoncé
A sa domination, à sa fécondité,
Au sommet, où jamais un fruit n’a vu le jour,
Où, aucun oiseau ne se risque à faire un tour ;
Que de prières exaucées ont dû reléguer
La curiosité aux flammes du bûcher,
Éclairant par là même son obscurantisme,
Et son besoin inassouvi de cynisme,
Dans une chasse à l’hérétique, à la sorcière :
Comme un ultime sacrifice au nom du père ;
La face jonchant le sol, mordant la poussière,
Pourra-t-il oublier sa coupable misère,
Dans son infertilité, sa toute impuissance
A cultiver les fruits de la connaissance,
Dans une terre trop aride et trop hostile
A la graine d’une raison par trop stérile
Et asséchée par les remords de la jouissance,
Qui le destine à la haine et à toutes les vengeances.



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