Du poète

Du poète

Quand la bise naissante te dispersera,
Que ton absence personne ne remarquera,
Peut-être ne restera-t-il que le poète
Pour t’apercevoir de sa dernière retraite
En ressuscitant par les mots ton souvenir,
Essayant par la rime de te retenir ?
Du sillon fécondé par ton précieux terreau,
Naitra cet embryon de vie en ton tombeau
Comme un dernier berceau nourricier d’une mère
Bienveillante ayant sacrifié jusqu’à sa chair
Pour que germine la graine de sa nature
Et que murisse le fruit en sa sépulture ;
Ainsi verra-t-il fleurir dans tous les jardins
Ton esprit qui comme la rosée du matin
Étincelante et perlée ci et là jetée
Comme autant d’yeux larmoyants et éparpillés,
Exaltera ton parfum dans toutes les roses
Émanant de ton cœur qui se métamorphose ?
Lorsque son regard pourra enfin s’élever
Dans la noirceur éteinte du ciel endeuillé,
Il te parera de mille et une couleurs
Incarnant une à une toutes tes valeurs
Qui prendront leur envol vers des lieux reculés
Comme une poussière lumineuse constellée ;
C’est un peu de ton souffle qu’il entendra
Quand la brise laissera entendre ta voix
Comme un gémissement plaintif lui murmurant
De ne pas tenter de te rejoindre ; coiffant
Alors les voiles de sa frêle embarcation,
Lui évitant les récifs de la perdition
Et les vagues tempétueuses du destin,
Son ancre il posera pour d’autres lendemains ;
Il aura su conserver ton dernier soupir
Comme un flux divin qu’il aura à se servir
Pour raviver tes cendres, entretenir ta flamme
Et illuminer les cieux et toutes les âmes :
Pour que les anges séduits et admiratifs
Veillent sur toi comme leur enfant adoptif,
Te reconnaisse et te désigne séraphin :
Pour que nul humain ne soit jamais orphelin.



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