De ta vie qui s’en va

De ta vie qui s’en va

Comme une bouteille à la mer,
Tu t’éloignes de ces rivages
Où tu as survécu, naguère,
Estropiée, seule dans ton naufrage ;

Ballotté par les flots mouvants
De la vie, tu veux échapper
Lentement poussé par le vent
Aux écueils et te reposer ;

Comme une prière d’adieux,
Les vagues houleuses de l’ennui,
Plaintives en regardant les cieux
Écument tes dernières envies ;

La tempête est venue se rompre
Sur le récif de ta raison,
Comme un bateau ivre dans l’ombre
Moribonde de tes passions ;

L’horizon n’est plus qu’illusion
Dans cette nuit au phare éteint
Où tu n’aperçois que le fond
D’un destin qui ne t’appartient ;

Tu préférerais te noyer
Que nager à contre-courant
En attendant qu’une marée
Emporte ton corps chancelant ;

Comparable à une sirène,
Tu nous captives de ton chant
Pour apprivoiser notre peine
Dans un sourire attendrissant;

Comme une bouteille à la mer,
Tu gardes avec toi tes souhaits
Qui, un jour s’échouant sur terre
Livreront enfin leurs secrets.



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