De notre réalité

De notre réalité

Parce que la réalité nous est cachée
Comme un linceul que nous ne pouvons relever :
Pétrifiante crainte de voir notre destin,
Dans le miroir brisé de notre propre fin ;
Le reflet nous paraît beaucoup plus acceptable,
Et notre image morcelée plus recevable
Dans les débris éparpillés du souvenir :
Le détail nous égare et nous fait moins souffrir ;
L’illusion est incessante pour qui veut croire,
Aux témoignages voilés de notre mémoire ;
La probabilité devient la certitude,
Dans ce sentiment dépourvu de toute étude ;
La complaisance devient loi dans ce déni
De conscience, où l’esprit nous joue la comédie,
Revêtu des oripeaux et fausses apparences,
Conforté par l’interprétation de nos sens,
Qui nous égare lorsque la passion s’en mêle,
Au-delà de ce que la réflexion appelle ;
L’ignorance est-elle l’apanage des hommes
Ou ne serait-ce que simplement un symptôme ?
Une cause plutôt qu’un effet de grandeur
Face à l’étendue durable de ses erreurs
Dans la déficience de son intelligence
Bornée et circonscrite par ses exigences ?
La vision des choses est sans cesse limitée
A la censure de nos propres vérités ;
Nous réglons le monde à notre compréhension
En générant plus d’opinion que de raison :
Car la conviction est un leurre permanent
Qui rend crédible le moindre des jugements ;
La faculté de pensée est subordonnée
A l’émotion et à la sensibilité :
Nos facultés sont propices à la conjecture
Source de division et des pires tortures
Pour nos âmes fourvoyées par tant de méprise,
Origine de tant de malheur et de crises :
Il n’est pas rentré dans les plans du créateur
Que nous puissions, un jour, atteindre le bonheur.



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