De nos vaines chimères

De nos vaines chimères

La fragilité de leur mince embarcation
Ne les a pas fait renoncer à leur espoir
De lever l’ancre pour assouvir leur passion
À contre-courant des vagues pour ne pas choir ;

Affrontant sur leur frêle et périlleux esquif
Les vents tempétueux qui tourmentent les mers,
Leur cœur a vaincu la houle des flots rétifs,
Briser au rocher de leurs rêves les plus chers ;

Les voiles enflées au souffle du destin souriant,
Guidés par les phares célestes tout étoilés
Leur a évité les écueils des jeunes amants
Grisés par ce tapis d’océan argenté ;

Que cherchent-ils par delà l’horizon marin
Ces heureux ? Se noyer dans l’oubli des mortels ?
Fuir ces marées chargées d’écume de chagrin
Et rescapés se languir sur leur archipel ?

Rebelle aux sirènes venant les secourir,
Seul leur folle fantasmagorie façonna
La plus petite de leurs îles en un empire,
Le fracas des lames en un balai d’opéra ;

Les récifs sont leur dernière terre d’asile
Pour ces naufragés perdus venus se jeter
Sur les rivages, comme un ultime fossile,
En leur vaine chimère à jamais échouée.

 



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