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De ma vie pas très claire

De ma vie pas très claire

J’ai dû me fuir pour essayer de plaire,
A ceux qui m’entourent, mais pas à moi ;
De cette couleur de peau pas très claire
Je devrais faire avec, sans autre choix ;

J’ai dû apprendre à m’oublier en vain
Car mon histoire se reflète aux yeux
De tous ceux qui ont changé mon destin,
Pour une autre vie, pour d’autres Dieux ;

Je ne me reconnais plus dans l’image
Dans laquelle la société m’enferme
A la perpétuité à rester sage,
Sans que je puisse être vraiment moi-même ;

Je suis victime de tous ces clichés
Qui me voue au devoir de me mentir
Et à refuser cette hérédité,
Si je veux éviter le repentir ;

Je suis devenu une ressemblance
Autant que je me devais d’apparaitre,
Qui devait tirer profit de sa chance,
Reniant une partie de son être ;

Quoi de plus terrible que ressembler
A tous ceux qui me désignent coupable
D’origine, de lien de parenté
Qui jamais feront de moi leur semblable ;

Je me sens un peu comme en errance,
Considéré comme un vrai paria,
Pourvu de toutes les insuffisances,
Sans identité, comme un renégat ;

Je me suis inventé toutes ces îles
Pour ne plus avoir à me justifier,
Pour que je n’aie plus à paraître vil,
Désespéré, de tant les imiter ;

Je ne suis plus que cette espèce d’ombre
Inquiet de voir le soleil qui se lève
Pour mesurer toute la partie sombre
Qui me pénètre comme avec un glaive :

J’attends que la nuit tombe pour qu’enfin
Tous ces regards n’aient plus à me juger
Dans cette partie de moi qui s’éteint,
Dans la foi que je leur avais portée ;

Quoi de plus angoissant que de se dire,
Que l’on m’aime pour ce que je n’suis pas,
Qu’il faut combattre pour entretenir
Cette idée et voir plus certaines fois.

Je vis dans la peur d’être reconnu,
De me retrouver comme un exilé
Rejeté et complètement exclu,
Une sorte d’apatride, réfugié ;

Comment peut-on espérer se construire
Et grandir dans ces contradictions
Qui vise à essayer de me détruire
Dans une tacite approbation ;

Combien de rôles dois-je m’inventer
Pour que je continue à exister
En gardant la conviction d’être aimé
Pour ce que je suis, sans toujours tricher ?



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