De l’indigent

De l’indigent

C’est sous le crépuscule de la nuit
Que s’offre le monde à leurs yeux mi-clos,
Sous un brouillard comme un épais manteau
Chaste et qui diffuse toute leur vie
Une chaleur tiède mais apaisante
Qui tout en feignant de les rassurer,
Les bercent pour mieux leur dissimuler
Toutes les vérités noires, accablantes
Pour leurs esprits ténus et exigus ;
Ils se complaisent à regarder leur ombre
Sur les murs décrépis dans la pénombre
D’une réalité devenue crue,
Dont le leurre alimente l’évasion ;
Le réconfort duveteux de leurs fables
En dévirilisant leurs cœurs affables,
Les pousses à paître aux champs des illusions ;
C’est la cécité qui guide leurs pas
Hésitants sur les chemins de l’oubli
Vertueux, nourrissant leur rêverie
De couardise au premier des combats
Et qui jamais n’affecte leurs consciences ;
C’est l’inanité de tous leurs efforts
Qui les plonge au quotidien dans la mort,
Dans un dernier sursaut contre leur indigence.



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