De l’état amoureux

De l’état amoureux

Dans ce besoin de nous sentir aimés,
Nous créons un monde hallucinatoire
Où nos désirs sont des réalités
Où les qualités deviennent illusoires ;

Nous occultons toutes les dissemblances
Qui mettrait trop à mal notre dessein
En inventant de vagues ressemblances
D’affinités, avortées au matin ;

De ce mari aimant et protecteur
A ce jaloux devenu étouffant,
De celui qui courageux et sans peur
Fini par être intrépide, inconscient ;

De l’économe soucieux de gérer
 A l’avare inquiet pour ses placements ;
Du sage prudent, plein de sûreté
A l’introverti anxieux et méfiant ;

De l’envie de l’ordre et du rangement
 Au maniaque obsessionnel compulsif ;
De celui qui aime occuper son temps
A celui qu’on taxe d’hyperactif,

Il n’y a rien que l’exagération
D’un sentiment qui tient de la folie,
Qui nous fait passer de l’exaltation
Rêveuse, aux cauchemars de la nuit ;

Ce peut-il que chacun se trompe,
Que le juger soit à ce point faussé,
Que toutes les aspérités s’estompent
Dans cet impérieux besoin d’aimer?

L’amour nous oblige à fermer les yeux
Là où la haine nous les fait ouvrir ;
Le premier nous enivre jusqu’aux cieux,
La seconde éclaire le pire à venir ;

L’amoureux s’apparente au psychotique
Dans sa fabulation du réel ;
L’amour relève du pathologique
Dans les comportements et les séquelles.



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