De l’éphémère

De l’éphémère

Ô toi ! Instant de l’éphémère,
Sublime de l’évanescent :
Ton avènement mortifère
A endeuillé l’être pensant ;

À peine as-tu franchi le seuil
Du vivant que tu revendiques
De t’en retourner au cercueil
Des évocations oniriques ;

Lueur affranchie de constance
Dans un infini circoncis
De défuntes réminiscences
D’une chronique ensevelie ;

Indélébile souvenir,
Moment volatil embaumé
De périssable devenir
Parfumé de fugacité ;

Éclair pétrifiant nos mémoires
Fragmentées d’éclats fugitifs
Et d’infructueux faux espoir
Mort au provisoire furtif ;

Soudaineté de l’imprévisible
Saillie, flash de l’effervescence,
Vain reflet de l’imperceptible
Immédiateté de l’essence ;

Insondable bonheur présent
Immolée par le temporel,
Incommensurable étincelle
Calcinée au feu du néant ;

Destin entaché de précaire
Face à un avenir instable
Fuyant un monde temporaire
Tout converti à l’immuable ;

 



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