De l’amputation

De l’amputation

Quand la douleur nous fait atteindre les sommets
De l’intolérable dans un abyssal vide,
La solitude nous flagelle et se parfait
Dans une souffrance vengeresse et aride ;

La cruauté nous a désigné comme proie :
Son hégémonie et des plus tentaculaires,
Insidieuse et sans aucune forme d’émoi :
Elle étend son emprise des plus délétère ;

C’est une vraie chute dans la désespérance,
Un ultime plongeon dans les flots du reflux
De notre esprit à jamais noyé dans l’errance
D’un supplice subi au seuil de l’absolu ;

C’est une lutte sans merci contre nous-mêmes,
Une de ces désescalades intérieures
Aux confins des frontières, sans stratagème
Les plus reculées de toutes nos vieilles peurs ;

Dans l’ivresse sevrée au comble des vertiges,
Nos plaies se gangrènent sur de vieilles blessures
Purulentes enfouies dans ces oublieux vestiges
Qu’offre le souvenir plaintif de nos morsures ;

Plus rien pas même le temps ne nous cautérise ;
C’est dans les profondeurs de notre âme haletante
Que les ténèbres prennent forme et concrétisent
L’écho de ces lamentations assourdissantes ;

Le temps le prolonge au-delà du supportable :
Titubant dans une pensée confusionnelle,
Tourmentée par une conscience inconsolable
Nous sacrifiant sur l’autel de l’émotionnel ;

C’est dans ce funeste et cynique cauchemar,
Que notre cœur palpite aux rythmes larmoyants
De nos sentiments qui nous pousse au corbillard,
Dans un chagrin éternel en nous amputant.



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