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De l’altruisme du converti

De l’altruisme du converti

 Il jouissait de la vie pour ne pas mourir bête,
Souvent inspiré par une âme de poète ;
Il avait plus d’opinions que de certitude
Et n’avait pas conscience de sa finitude ;
Quelle haute pensée de se savoir mourant
Dans le confort et le bien-être opulent ;
L’immortalité était son seul avenir,
Et les céphalées l’épargnaient de réfléchir ;
Il avait tant entendu et maintes fois vu
La nécrologie d’autrui, certes avec émoi
Mais sans jamais vraiment imaginer qu’un jour
Il aurait sa place et que ce serait son tour ;
La maladie arriva comme un couperet
Et la terreur mit fin à ses plus beaux projets,
Ne lui laissant d’autre choix que le paradis
À espérer ; priant en nouveau converti
Il se plaigna du manque de reconnaissance
A son propre égard et fit cas de ses souffrances,
Aux fidèles, cherchant la considération,
Réclamant de chacun un peu plus d’attention,
Désireux que Dieu aussi s’apitoie sur lui
Et que dans une absolution : il le gracie ;
Son cœur le poussa à finir ses entreprises
Ne voulant rien concéder à la couardise ;
Alors, il afficha ses réussites aux murs
Comme des trophées brillants par leur fière allure,
Dernier miroir à son image narcissique,
Et entretenant ses inclinations cyniques ;
Il s’intéressa à la misère alentour
En plastronnant qu’il ne voulait rien en retour
Et enorgueilli tel un gladiateur romain
Victorieux de ses batailles sur son destin
Et à la bravoure de ses engagements,
Il devint nouvel apôtre du dévouement,
Altruiste de l’humilité prêt à combattre
L’injustice du monde dans un dernier sacre.



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