De la providence

De la providence

Quand le vent de la crainte se met à souffler,
La réalité se met à se camoufler
Dans les réfectoires de la sainte morale
 Où le monde paraît être hanté par le mal ;
Tous les esprits semblent avoir été envoûtés
Pour être mieux exorcisés et  sauvés
Par ces docteurs de l’église, chirurgiens,
Opérant toutes les âmes égarées du bien,
Avec des guérisons rendant certains crédule
A ces fantômes perfides qui déambulent
Derrière chacune de leurs viles pensées,
Pourchassant leurs idées jusqu’à les répudier ;
Culpabilisant la moindre de leurs envies,
Réveillant les démons dans leurs pauvres appétits,
Condamnant le moindre de leurs penchants
Comme une ombre lancinante les poursuivant
Jusqu’aux entrailles de leur défunte raison,
Comme un dernier rempart à leur malédiction,
Sous le regard sévère du tout puissant père :
Dans sa promesse des flammes de l’enfer ;
C’est face à cette terreur que le religieux
Doit lutter contre les désirs impétueux
Et les sanctions angoissantes d’un créateur
Dépassé par son œuvre et qui en spectateur
Regarde se dérouler cette « providence »,
Que chacun appelle de ses vœux dans l’apparence
Dont il croit apercevoir chaque jour le signe
D’une preuve qui se manifeste et le désigne
Porteur de la sainte et vertueuse parole ;
Avec ostentation et arborant l’auréole
Porté par le souffle asthmatique du divin,
Il se sent investi du pouvoir des devins
Justifiant les exactions et les bacchanales
Purifier dans l’isoloir du confessionnal :
Purgatif soignant l’hypocrisie des consciences
Dans les eaux usées, souillées par l’intolérance,
Troublées par les gesticulations diphtériques
D’une source fangeuse devenue toxique :
Barbotant dans les remous de l’immaculé
Ayant contaminé toutes les vérités,
Dans les courants et tourbillons de la décrue,
Ils se noient aux flots frelatés de l’absolu.

 



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