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De la naissance de l’humilité

De la naissance de l’humilité

Nous naissons dans la douleur et dans de sourds pleurs,
Face à un monde que nous ne pouvons comprendre,
Dont nous sentons déjà qu’il nous faudra apprendre
A nous habituer aux affres du malheur ;

Dénudé que deviendrai-je sans le secours
Maternel de cette humanité assistante
Sans laquelle ma vie deviendrait chancelante
Et s’arrêterait dans un court compte à rebours ;

Dans la plainte de mes appels, j’accède au sein
Nourricier qui assouvi pour quelque temps
Ma soif de grandeur, mon devenir larmoyant,
Quand, dans la solitude mes cris restent vains ;

Après ma victoire sur le monde utérin
Me voilà exposé à toutes les souffrances
Avec comme unique recours, mon impuissance
A me battre contre les vents adultérins ;

La moindre absence me condamne à l’anxiété
De l’abandon, dans ma raison crépusculaire
Où mes sens deviennent mon véritable calvaire
Dans le néant de ma pensée aseptisée ;

Je me trouve dans un état de dépendance
Et suis une proie rêvée pour un prédateur :
Dans la blancheur éclatante de ma candeur,
Dans toute ma virginale et pure innocence ;

La vulnérabilité nous rend inférieurs
Dans notre estime, jusqu’à choisir d’avorter
En nous destinant à vivre traumatisés
Par cet enfantement quelque peu castrateur ;

Cette infirmité dont nous place la nature
Aurait pu servir l’homme à plus d’humilité,
Mais sa quête de gloire et de cupidité
L’on fait préférer en ce monde la souillure.

 



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