De la foi sanglante

De la foi sanglante

Quel malheur frappe l’homme pour qu’il se détourne
De cette connaissance, pour qu’il s’en retourne
Sans cesse sur les chemins de l’obscurantisme
Comme le phare éteint de son idéalisme ;
La peur phobique d’échouer sur le récif
De la réflexion devient péché maladif ;
La lumière n’éclaire que ceux qui avancent :
Elle ombrage l’abstinent qui dans son errance
A petit pas se met à compter avec peine
L’étendue de son ignorance toute pleine
De toutes ses certitudes qui nous effraient,
Quand elles affirment réfléchir sur notre paix ;
Inhumant le doute un peu trop inhibiteur
Dans une prière dissipant le malheur,
L’indigence est l’un des meilleurs préservatifs
Contre l’esprit inventif et dubitatif ;
Elle est le meilleur remède contre l’avance
De ce savoir qui enfante la repentance
Quand celui-ci découvre de féconds chemins
Pour échapper aux carcans réducteurs du saint ;
Détournant le regard de la concupiscence
Afin d’éviter l’éveil, le trouble des sens,
De celui qui ne peut renoncer au pourquoi
De l’immaculé craignant de souiller sa foi :
C’est dans l’avortement de la raison pensante
Qu’est née cette foi inébranlable et sanglante.



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